Perrin ka Dansé o ritm Lanati

2025

Chorégraphie entre deux natures


Chorégraphie entre deux natures
Lieu : Guadeloupe - Quartier de Perrin
Programme : TPFE, ESAJ. Réflexion territoriale sur le retrait anticipé d'un village littoral, déplacement vers un site en hauteur, libération du site originel pour l'accueil de la mangrove, nouveau modèle de ville archipélique
Surface : échelle territoriale (village + zone littorale concernée)
Équipe : Amélie DEL CERRO, projet personnel de fin d'études, ESAJ
Dispositifs : gestion durable des eaux, mobilités douces, infrastructures légères et adaptables, continuité écologique entre milieux naturels et habités.

*Perrin danse au rythme de la nature

Le projet part d'un constat : en Guadeloupe, la nature spontanée et la nature anthropique se côtoient sans réellement dialoguer. L'urbanisation, l'agriculture et les infrastructures transforment le paysage, tandis que les écosystèmes, eux, tentent de s'adapter à leur propre rythme. Le littoral devient le lieu où cette absence de dialogue se voit le plus crûment : la montée des eaux y avance sans attendre que les usages humains se déplacent.

Le projet répond par un geste anticipé plutôt que par une réaction d'urgence : libérer le village de Perrin avant que la submersion ne l'impose, pour le déplacer vers un site plus haut. Ce retrait n'est pas un repli, c'est une cession volontaire d'espace, qui permet à la mangrove de reprendre, naturellement, le terrain laissé libre. Le processuel (la dynamique du milieu, sa capacité à se régénérer) et le projectuel (le choix du nouveau site, le dessin de la nouvelle implantation) ne s'opposent plus : le second anticipe et accompagne le premier plutôt que de le subir.

Cette intégration dans le tissu urbain implique une prise de position claire : préserver dès aujourd'hui les emplacements des milieux spontanés de demain, plutôt que de les découvrir une fois la catastrophe survenue. De cette nouvelle pensée de l'urbanisation naît un modèle de ville archipélique, où l'aménagement repose sur une gestion durable des eaux, des mobilités douces et une continuité écologique entre les espaces naturels et habités.

Le Gwoka, musique et danse traditionnelles guadeloupéennes, où chaque élément s'ajuste au rythme des autres sans qu'aucun ne domine, devient la matrice du projet. Il ne s'agit pas de faire coexister la ville et la mangrove côte à côte, mais de les faire cohabiter, en accordant leurs temporalités respectives, celle, lente, du milieu naturel, et celle, plus rapide, des choix d'aménagement humains.

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